AUJOURD'HUI
74
SEMAINE DERNIERE
2177
PAGES VUES
299408
TOTAL VISITES
294437

Discours de S.E.M. l’Ambassadeur Albert SHINGIRO, Représentant Permanent du Burundi auprès des Nations Unies à l’occasion de la réunion de la configuration-Burundi de la Commission de Consolidation de la paix

New York, 8 novembre 2017

1) Monsieur le Président,je souhaite avant toute chose vous exprimer au nom de ma délégation mes sincères remerciements pour avoir bien voulu organiser cette réunion ainsi que pour les efforts louables de la configuration à travers vous dans l’accompagnement du Burundi dans son processus de consolidation de la paix et du relèvement communautaire.

2) Je salue la présence parmi nous de M. Garry Conille, coordinateur Résidant des Agences des Nations Unies au Burundi. Nous apprécions à juste titre le travail bien fait en si peu de temps dans l’accompagnement du Burundi dans ses efforts de développement durable. Nous lui renouvelons notre soutien et notre entière coopération.

3) Permettez-moi de remercier également le représentant du Bureau d’appui à la Consolidation de la paix pour son intervention et pour les appuis multiformes de ce bureau à la configuration-Burundi et aux différents projets sur le terrain.

4) Mes remerciements vont en outre à MadameWafaaSaeed, Directeur Adjoint de la Division coordination et réponse de l’Office des Nations Unies de Coordination des Affaires Humanitaires (UNOCHA) pour son briefing riche d’informations et surtout pour l’excellent travail de la représentation de l’Office auprès des groupes vulnérablesau Burundi.

5) Monsieur le Président, l’objet de mon intervention est de partager avec les distingués membres de cette configuration les nouveaux développements intervenus au Burundi dans quelques secteurs après notre dernière réunion le 21 juillet 2017.

6) Sur le plan politique, ledialogue inter burundais se poursuit normalement. Une nouvelle session est prévue dans les prochaines semaines à une date qui reste à préciser formellement. Des contacts au plus haut niveau et par l’entremise des Envoyés spéciaux se sont intensifiés ces derniers jours. Le Président Museveni a dépêché au Burundi notre collègue l’Amb. AdoniaAyebare, son Envoyé Spécial pour rencontrer les autorités burundaises. Il a été reçu d’abord par le Ministre des relations Extérieures et de la Coopération internationale à Bujumbura, puis par le Chef de l’Etat à l’intérieur du pays. Les échanges entre les deux parties ont été fructueux.

7) Aussi, le Facilitateur du dialogue inter burundais S.E Benjamin William Mkapaa eu des consultations fructueuses hier à Kampala avec S.E Yoweri Museveni, Président de l’Uganda et médiateur du dialogue inter burundais. L’Amb. AdoniaAyebare qui est aussi Envoyé spécial du Président Museveni a participé auxdites consultations et nous en fera part à son retour à New York. On rappellera aussi que le Facilitateur Mkapaa reçu au mois de septembrel’Ombudsman Burundais dans le cadredes consultations en vue de la reprise du dialogue.

8) Pour sa part, l’Envoyé spécial du SG, l’ancien président du Burkina Faso, Michel Kafando vient d’effectuer sa 2ème visite au Burundi et dans la région au cours de laquelle il a eu des entretiens avec le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale et l’Ombudsman Burundais. Avec le premier, les échanges ont porté sur l’état de la coopération entre le Burundi et les Nations Unies et avec le deuxième sur le processus de dialogue inter-burundais. L’Envoyé spécial a également eu des entretiens avec le Président Benjamin Mkapa en sa qualité de facilitateur du dialogue inter burundais à Dar-Es-Salaam.

9) Lors de son séjour au Burundi, l’Envoyé spécial du SG a bénéficié d’un accueil chaleureux et d’une pleine coopération de la part des autorités nationales à tous les niveaux. A propos de son Bureau,une délégation du Secrétariat de l’ONU chargé de négocier et d’accélérer la signature du cadre de coopération avec ce Bureau a été déjà désignée et dépêchée à Bujumbura. Les négociations sur le texte de l’accord sont très avancées.

10) Il convient de souligner aussi que lors du 7ème Sommet des Chefs d’Etat de la CIRGL qui a lieu le 19 octobre à Brazzaville, les participants ont réitérer leur soutien au dialogue Int burundais sous la facilitation de la Communauté Est- Africaine et exhorté les différentes parties à conclure les consultations entre les parties prenantes et à s’engager à résoudre toutes les questions de manière pacifique.

11) Comme vous le voyez,la dynamique régionale reste vivace. Afin de sauvegarder cet élan régional, il serait souhaitable d’éviter toute démarche visant à créer des mécanismes parallèles de nature à fausser la trajectoire actuelle du dialogue. Celui-ci doit demeurer au premier chef sous la conduite des burundais eux-mêmes et de la sous-région. L’apport d’autres acteurs exogènesbien que louable, se limiterait uniquement à l’accompagnement.

12) Pour ce qui est des affaires constitutionnelles, ma délégation souhaite rappeler que l’amendement de la Constitution est un exercice qui relève exclusivement de la souveraineté nationale non seulement pour le Burundi mais aussi pour les autres nations. Cette question est du ressort des Burundais et ne devrait pas faire objet de débat par des acteurs exogènes dans un cadre non Burundais. Je tiens à rappeler que l’exercice vise plutôt la stabilité à long terme du Burundi par la sortie de la période transitoire de notre loi fondamentale de 2005.

13) En ce concerne la situation sécuritaire : le constat sur le terrain depuis notre dernière réunion au mois de juillet est très positif. La situation sécuritaire est globalement bonne sur tout le territoire national et les citoyens vaquent à leurs activités quotidiennes en toute quiétude.De la colline la plus lointaine à Bujumbura la capitale, le calme règne et les burundais dans leur riche diversité jouissent de leurs droits politiques et civiques sans aucune entrave.

14) Ce retour à la normalité vient d’être reconnu et souligné par le 7èmeSommet des Chefs d’Etat de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs qui a eu lieu le 19 octobre 2017 à Brazzaville, en République du Congo. Grace à la paix retrouvée, le Marché Commun d’Afrique orientale et Australe (Comesa), qui compte 19 pays membres vient de décider de tenir le prochain Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement à Bujumbura à une date à convenir dans les prochains jours.

15) En matière des droits de l’homme, malgré les défis auxquels il fait face en ce moment, le Burundi reste très engagé à la protection des droits humains à travers des mécanismes nationaux existants dont la Commission nationale Indépendante des droits de l’homme. Certains progrès ont été accomplis malgré le contexte particulièrement difficile de post-crise de 2015. Nous restonsconvaincus que tout progrès en matière des droits de l’homme doit passer par le dialogue, la coopération par l’entremise du mécanisme accepté par tous de l’examen périodique universel et l’assistance et le renforcement des capacités nationales de toutes les parties prenantes œuvrant dans ce domaine. La politisation et la sélectivité et le double standard sont contraires aux objectifs phares que s’était fixé le Conseil des droits de l’homme lors de sa création le 15 mars 2006 et lors de la mise en place du mécanisme d’examen périodique universel le 18 juin 2007, un an plus tard.

16) En ce qui concerne le retour des réfugiés qui ont fui le pays pour différentes raisons, le Gouvernement du Burundi ne cesse de demander aux réfugiés de rentrer pour contribuer à l’édification d’un Burundi paisible, stable et prospère. Le 7ème Sommet des Chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs qui regroupe 12 pays vient de lancer un appel vibrant aux pays de la région qui ont accueilli les réfugiés burundais de faciliter leur retour volontaire au pays natal. Pour ceux qui, pour l’une ou l’autre raison, ne souhaitent pas retourner au pays, le Sommet a exhorté les pays d’accueil de les réinstaller loin des frontières communes conformément à la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés. Il serait aussi extrêmement important que les pays hôtes qui ont accueilli généreusement les réfugiés burundais respectent le caractère civil des camps des réfugiés conformément aux prescrits de la même convention.

17) Aujourd’hui, suite à l’amélioration significative de la sécurité, le mouvement de rapatriement volontaire continue à un rythme satisfaisant avec l’arrivée de plusieurs milliers de citoyens qui s’étaient réfugiés en Tanzanie. Plus de 100.025 Burundais se sont rapatriés eux-mêmes en 2016, plus de 68.000 jusqu’au 15 août 2017. Et plus 7.549 rapatriés officiellement après la réunion tripartite du 29 au 31 août 2017. Selon le planning de cette tripartite, au moins 13.000 burundais auront été rapatriés officiellement en provenance des pays limitrophes du Burundi du 7 septembre au 31 décembre 2017. De 2016 à la date d’hier le 7 novembre 2017, plus de 175.149 Burundais sont déjà de retour au pays sur une base volontaire.

18) Sur le plan économique et budgétaire, le Gouvernement prépare le projet de budget de l’Exercice 2018 dans un contexte économique marquée par une reprise modérée de l’économie et la poursuite de la politique budgétaire prudente et d’austérité dans la gestion du budget de l’Etat au cours de l’exercice budgétaire 2017.

19) Pour l’année 2018, la politique budgétaire prudente et d’austérité sera maintenue en vue de sauvegarder l’équilibre macroéconomique et budgétaire pour amorcer la relance économique du pays. A la fin de 2017, la croissance économique se situerait à 3,5% pour atteindre 3,9% en 2018.

20) La Politique Budgétaire de 2018 consistera à la poursuite de la mise en œuvre des réformes déjà engagées pour améliorer la mobilisation des ressources internes ainsi que les ressources de porte. Ces ressources seront essentiellement orientées dans les secteurs prioritaires du Gouvernement à savoir les secteurs sociaux (éducation, santé, etc.), les secteurs porteurs de croissance économique (Agriculture, Energie et Mines, Transports etc..), et bien entendu dans les autres secteurs nécessaires au développement durable du pays.

21) Dans le but d’augmenter les recettes, l’Office Burundais des Recettes (OBR) va poursuivre et entreprendre certaines actions comme l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, le renforcement du recouvrement des arriérés, ainsi que la maîtrise des exonérations.

22) Selon les hypothèses macroéconomiques et budgétaires pour cette année 2018, le taux d’indépendance budgétaire est estimé à 81,2%.Mais cela ne signifie pas que le Burundi veut se départir totalement des appuis extérieurs. Ma délégation saisitd’ailleurs cette occasion pour réitérer l’appel de l’UA à la levée des sanctions budgétaires unilatérales qui pèsent sur les pays africains dont le Burundi. Ceci rejoint l’appel du Conseil de sécurité à la reprise du dialogue entre le Burundi et ses partenaires en vue de la reprise de la coopération.Il est clair que les sanctions prises par certains partenaires contre le Burundi constituent un obstacle majeur à l’atteinte des objectifs de développement durable d’ici 2030. Elles impactent négativement sur la vie des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants et minent les efforts nationaux vers le relèvement communautaire. La levée de ces mesures unilatérales pourrait par ailleurs participer à la création d’un environnement propice à la tenue des élections libres, démocratiques et apaisées en 2020.

23) En ce qui concerne la coopération avec les Nations Unies pour conclure, le Burundi maintient le même souci de renforcer et pérenniser ses relations avec l’ONU et ses démembrements sur le terrain au Burundi à travers l’équipe pays. Afin d’assurer la présence de l’ONU en matière des droits de l’homme, le projet d’accord de coopération avec le Bureau du Haut-commissariat aux droits de l’homme est en cours de discussions entre les deux parties et se trouve à sa phase finale. Les négociations qui ont lieu à Bujumbura à la mi-septembre sous la présidence du Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale ont abouti à des résultats très satisfaisants. Il en est de même pour le Bureau de l’Envoyé spécial du SG, les deux parties se sont convenues de designer des équipes ad hoc pour négocier et finaliser l’accord de coopération.

24) Monsieur le Président, c’est par cette bonne atmosphère entre le Secrétariat de l’ONU ici au siège et le Burundi que je conclus mon propos. Je vous remercie de votre aimable attention !

Retour
Discours: President et autres

Discours de S.E.M. l’Ambassadeur Albert SHINGIRO, Représentant Permanent du Burundi auprès des Nations Unies à l’occasion de la réunion du Conseil de Sécurité sur la situation au Burundi,

Burunndi en Bref
Videotheque
Liens Utiles(autres sites)

www.burundi.gov.bi
www.presidence.gov.bi
www.vicepresidence2.gov.bi
www.senate.bi
www.assamblee.bi
www.arb.bi

© Copyright Republique du Burunndi. Tous droits reserves